Sécurité routière 2 roues : une semaine par an ?

Publié le par jack palmer

Sécurité routière 2 roues : une semaine par an ?
(le 5 juin 2008)


 

 

 

Depuis le début de cette semaine, une opération de sécurité routière francilienne est en cours afin de s’attaquer à l’accidentologie routière deux roues jugée préoccupante.
Diminuer le nombre de tués sur nos routes en sensibilisant tous les acteurs de la circulation grâce à des messages lumineux constitue la phase N°1 de cette opération au titre de la prévention. La phase N°2 débutera jeudi avec la mise en place de contrôles policiers accrus sur tout le réseau censés accentuer l’efficacité de cette semaine particulière. Parallèlement, une émission de télé sur France 2 titre de manière provocatrice « - Deux-roues, les nouveaux délinquants », mettant ainsi opportunément l’ensemble des pratiquants en accusation.
La FFMC, forte de son expérience et de ses multiples propositions sur la sécurité routière appliquée aux deux roues regrette qu’une fois de plus, la médiatisation et la répression routière soit l’unique réponse aux plus de 800 vies fauchées annuellement. A l’instar des radars, il semble que ce type d’opération trouve sa justification dans le nombre de PV distribués. Trois jours de « prévention », noyés au milieu de 365 jours de répression peuvent-ils inverser les statistiques fondamentalement ?
Nous ne le pensons pas. Nous ne cessons de demander qu’un plan pluriannuel de formation mieux adaptée à la pratique de la moto ou du scooter soit mis en place, qu’une approche technique incluant l’ensemble des usagers lors de la réalisation des infrastructures routières ou urbaines soit effective car elles sont trop souvent à l’origine d’un grand nombre de blessés ou de morts, et qu’enfin, le partage de la route ne soit pas un concept fumeux mais une réalité vécue au quotidien.
Ignorer superbement le rapport européen MAIDS sur l’accidentologie motarde, accentuer les contrôles plutôt que de s’asseoir régulièrement autour d’une table entre experts reconnus pour infléchir efficacement le fléau de la mortalité routière, légiférer à tout bout de champ en fonction de l’actualité, (telle la tentative d’instauration d’un contrôle technique 2 roues sans s’être au préalable informé sur l’opportunité de cette proposition de loi –heureusement suspendue pour le moment) témoigne d’une approche sécuritaire que la FFMC juge particulièrement peu efficace et surtout inadaptée.
Cette semaine de la sécurité routière aura sans conteste un impact médiatique, mais tellement sporadique que la FFMC déplore que nos dirigeants, largement soutenus par les médias, pensent encore que ce type d’opération ponctuelle puisse avoir une influence réelle sur les drames de la route vécus au quotidien. Il est grand temps d’évoluer et d’arrêter de ne considérer le citoyen que comme un individu à risque qu’il faut systématiquement sanctionner.
La formation et la prévention sont autrement plus efficaces pour une amélioration pérenne de la sécurité routière…

 

Sécurité des 2-roues : dans la ligne de mire !

Depuis le début de la semaine, une opération francilienne de sensibilisation/répression est en cours. Elle vise à s’attaquer à l’accidentologie des 2-roues motorisés jugée préoccupante. Attention à vos points !




 Phase n°1 de l’opération : sensibiliser tous les usagers de la route grâce aux panneaux lumineux du périphérique parisien et des autoroutes franciliennes. Voilà pour la prévention.
 Phase n°2, débutée ce jeudi : la mise en place de contrôles policiers accrus, « un dispositif plus répressif » ayant été annoncé.

Deux-roues, les nouveaux délinquants
 Parallèlement, une émission de télé sur France 2 titre de manière provocatrice « Deux-roues, les nouveaux délinquants », mettant ainsi opportunément l’ensemble des pratiquants en accusation.

 La médiatisation et la répression routière, unique réponse aux plus de 800 vies fauchées annuellement. Plus que regrettable pour la FFMC, qui multiplie les propositions pour la sécurité des deux-roues motorisés (2RM) depuis plus de deux décennies.

La course au résultat chiffré
 « À l’instar des radars, il semble que ce type d’opération trouve sa justification dans le nombre de PV distribués », note l’association de motards. « Trois jours de « prévention », noyés au milieu de 365 jours de répression peuvent-ils inverser les statistiques fondamentalement ? »

 Les motards en colère ne le pensent pas, eux qui ne cessent de demander « un plan pluriannuel de formation mieux adaptée à la pratique du 2RM ». Et la prise en compte de ce dernier dans l’élaboration des infrastructures routières.
 Ou encore que les experts reconnus, les vrais, s’assoient autour d’une table pour élaborer de vraies solutions durables pour infléchir la mortalité routière.


Éducation et prévention, toujours les parents pauvres
 Mais la « solution » retenue met encore une fois l’accent sur la répression. La FFMC « déplore que nos dirigeants, largement soutenus par les médias, pensent encore que ce type d’opération ponctuelle puisse avoir une influence réelle ».

 Pourtant, miser sur l’éducation, au plus tôt dans la vie d’un futur usager de la route, serait sans doute bien plus efficace sur la durée.
 Des années sont nécessaires pour maîtriser une langue, fut-elle la nôtre. 20 heures de conduites et un bachotage du Code de la route suffiraient pour apprendre à bien (se) conduire ?

Grégoire Acerra - 05/06/2008

 

Publié dans service public

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