Prix de l’essence et racket pétrolier

Publié le par jack palmer

Mis en ligne : 29 mai

Ceux qui se lèvent tôt prennent souvent leur voiture. Ils paieront leur essence de plus en plus cher et « ça ne va pas s’arranger » leur a promis Sarkozy. Tout juste a-t-il consenti un fonds d’aide (encore faut-il voir à l’usage) à ceux qui sont les plus plongés dans la misère.

Pour les autres, 85% des Français, ils paieront plein pot l’augmentation du baril de brut mais aussi les profits faramineux des compagnies pétrolières, les bénéfices des fonds spéculatifs qui jouent les carburants à la hausse et l’envolée de la TVA ou de la taxe sur les produits pétroliers.

Le gaz a déjà augmenté de 9,5% cette année et il pourrait encore croître, afin de combler les appétits des actionnaires qui s’apprêtent à faire main basse sur GDF. Paradoxalement, ne pas avoir de pétrole peut rapporter gros et pas seulement des idées à cette petite minorité qui, un jour, préfère miser sur le blé, le mois plus tard les carburants, hier les métaux, demain - qui sait - l’eau. La moindre pénurie, une récolte médiocre, un brin de famine deviennent des aubaines pour ces fonds prédateurs.

C’est la règle du marché libre, de ce libéralisme auquel hélas quelques ténors de gauche trouvent toutes les vertus. Ces financiers ont des alliés de poids. Grâce au bouclier fiscal qui a exonéré les gros héritages, réduit leurs impôts et allégé les cotisations patronales, les habitués de Wall Street ou de notre Bourse ont trouvé des ressources supplémentaires pour aggraver les spéculations. Ces capitaux jouent contre la consommation qu’ils étranglent, le pouvoir d’achat qu’ils compriment, les salaires qu’ils bloquent. Aussi surprenant qu’il semble, les émeutes de la faim qui courent l’Afrique et la révolte qui gagnent les côtes européennes après avoir mobilisé tous les ports français ont la même origine et les mêmes auteurs : cette mondialisation capitaliste que trop de forces politiques regardent comme les vaches voient passer les trains.

Pire encore, ce racket pétrolier a été voulu et même planifié par les ministres européens des Finances qui réunis en septembre 2005 à Manchester avaient déjà répudié les mesures qui empêchent « l’ajustement nécessaire » des pays consommateurs au pétrole cher. Et les choix énergétiques et de transports, adoptés à Lisbonne par l’Union européenne ou décidés à Paris, vont à l’encontre de l’intérêt commun et des besoins publics. Le fret ferroviaire est délaissé par la SNCF qui a laissé le champ libre aux opérateurs privés. Les transports en commun sont de plus en plus soumis à des règles de l’offre et de la demande qui en augmentent furieusement les coûts et en limitent l’essor.

Le pouvoir sarkozyste choisit de limiter la dépense publique en n’investissant qu’au compte gouttes pour mieux emballer ses cadeaux à ses soutiens du CAC 40. Sarkozy avait promis aux pêcheurs qu’il les sortirait de la mouise comme il l’avait garanti aux ouvriers d’Arcelor-Mittal... Mais les seules promesses dont il se souvient sont celles qui pressurent le monde du travail, les jeunes, les retraités, les chômeurs. Et celles faites à ses amis, les riches.

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Publié dans Société Politique

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