La rigueur à l’horizon du 15 avril

Publié le par jack palmer

Crise . Le gouvernement a annoncé, hier, une révision du budget 2008 qui devrait se traduire par une « glaciation budgétaire », selon la gauche.

Malgré le boycott du premier ministre, le débat sur la situation économique, sociale et financière et les répercussions économiques a bien eu lieu, à l’Assemblée nationale, hier matin, à l’initiative du groupe socialiste qui a utilisé pour cela sa « niche » parlementaire (séance réservée à l’ordre du jour des groupes). Le président des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a dénoncé un « délit de fuite » du pouvoir qui refuse, malgré « le désaveu cinglant subi lors des élections municipales » de justifier « ses orientations devant la nation et ses représentants ».

Le débat s’est focalisé sur le niveau de la dette publique, la droite se réjouissant que la France « résiste mieux que les autres pays », selon elle, à la crise internationale, la gauche pointant les responsabilités du gouvernement dans ces choix budgétaires. « Il y a des causes extérieures et vous n’y pouvez rien », mais « il y a des causes qui vous appartiennent », a déclaré le premier secrétaire du PS, François Hollande. Jean-Marc Ayrault a mis en cause le paquet fiscal voté l’été dernier, réclamant son abrogation pour affecter ses quinze milliards « en premier lieu au désendettement de l’État », à la « baisse de l’impôt sur les sociétés » pour les PME et « au pouvoir d’achat ». Jean-Michel Fourgous (UMP) a accusé la gauche d’agiter « la haine du riche » et de créer « un climat de guerre civile »…

Le président PS de la commission des Finances, Didier Migaud, a posé quatre questions au ministre du Budget, Éric Woerth : « Que représente pour les recettes de l’État la baisse de croissance ? » La TVA dite sociale « Est-elle définitivement abandonnée ? » « Envisagez-vous une annulation de 7 milliards de crédits ? Cette réserve de précaution suffira-t-elle ? » Éric Woerth a reconnu que le budget est « construit sur des hypothèses qui ne sont plus les bonnes ». « Nous réadapterons les différents équilibres » aux « alentours du 15 avril », a-t-il annoncé, niant contre toute réalité tout « plan de rigueur ».

Les causes de la crise financière et les moyens d’y remédier ont été confinés à la marge d’un débat plus technique que politique, réduit à la recherche de « marges de manoeuvre budgétaires ». Michel Sapin (PS) a enfin touché le fond du problème quand il a contesté que la crise des subprimes américaines « conjuguée à la hausse du prix des matières premières (…) aurait déjà cessé de produire ses effets sur la croissance mondiale européenne et française ». Le secrétaire à l’économie du PS redoute que la France à la présidence de l’UE ne soit pas en mesure « de peser en faveur d’une modification profonde du système monétaire et financier ».

Pour la Gauche démocrate et républicaine (Verts et PCF), Martine Billard a rappelé qu’« entre 1971 et 2008, l’économie mondiale a enregistré vingt-quatre crises financières, soit une tous les dix-huit mois en moyenne ». Pour elle, « un système qui entend assurer 15 ou 20 % de rentabilité annuelle aux actionnaires et se passer de toute régulation publique ne peut être que mortifère ». La députée a proposé de « réintroduire de la régulation financière, par exemple avec la taxation des transactions financières, la taxe Tobin, (…) l’imposition des revenus financiers, (…) un encadrement du crédit qui oriente ce dernier vers les PME et l’activité, non vers la spéculation ».

 

Clotilde Mathieu et Sébastien Crépel

Publié dans Société Politique

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