(28 Mars) - Faut-il tourner la page de Mai 68 ?

Publié le par jack palmer et patrick

Rappel des faits Le 22 mars 1968 fut le jour, retenu par l’histoire, du déclenchement du mouvement étudiant à Nanterre. Quarante ans après, le débat politique fait rage…Au fur et à mesure, des articles s' ajoutent à ce premier jet  entrainant une mise à jour régulière plus bas dans cette page. Tout ce que vous vouliez savoir sur "68" sans jamais le demander ...


  Souvenomai68.jpgns-nous. L’héritage de Mai 68 avait fait une entrée fracassante dans le débat politique de la campagne présidentielle, de la bouche même du candidat UMP, il y a un peu moins d’un an. Pour Nicolas Sarkozy, engagé alors dans la grande leçon de morale, d’autorité et de patriotisme que l’on sait, ce n’était plus un discours mais une sentence : « Les héritiers de Mai 68, disait-il, avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître (…), que la victime comptait moins que le délinquant. » Et le futur président avait ajouté, comme un point final à toute discussion : « Il n’y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie. Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes… »

La morgue de Sarkozy en disait long, déjà, sur le « fond de sauce » idéologique de l’intéressé. Car prendre Mai 68 comme illustration de tous les maux français d’aujourd’hui ne tient pas du hasard, évidemment. La bataille idéologique est même, de ce point de vue, devenue incontournable. Pour l’hôte de l’Élysée et pour tous ses soutiers sur le sujet (Glucksmann ne fut pas le moindre, mais citons également Gallo, Guaino, Ferry, etc.), Mai 68 est en effet responsable de tout : du dénigrement de l’identité, du communautarisme, de la faillite de l’école, du cynisme des capitalistes et même des parachutes dorés !

Confondre laxisme et quête des libertés est une vieille histoire française qui va puiser loin ses racines dans les traditions conservatrices et réactionnaires. Mais de quoi s’agit-il au fond ? Le débat ne porte-t-il que sur la « morale » et les « moeurs » ? Évidemment pas.

Mai 68 fut aussi, et avant tout en quelque sorte, le plus grand mouvement de grèves ouvrières de l’histoire des hommes, par son ampleur, sa durée et la trace qu’il a laissée dans notre patrimoine. N’est-ce pas cette mémoire-là, d’abord, qu’on veut définitivement assassiner et avec elle, l’idée même « d’insurrection des esprits » ?

Jean de Leyzieu

 

Je vous conseille ce livre d'entretien avec Gérard Filoche
Selon Nicolas Sarkozy, " Il faut liquider mai 68 ! ". Que de haine contre le plus grand mouvement de grève de l’histoire de France !
Il y eut deux mai 68. L’un : superficiel, mondain, marginal ; l’autre : social, révolutionnaire, solidaire... Sarkozy a fait " l’ouverture " avec le mai 68 mondain (Kouchner) dans son gouvernement de contre-révolution conservatrice.
De la Commune de Paris à juin 36, la Libération, novembre-décembre 95, aux grands mouvements pour les retraites en 2003, ou encore contre le CPE en 2006, c’est toute l’histoire des grands mouvements sociaux qui est en jeu. Qui va gagner ?. L’histoire sans fin des grandes aspirations humaines : la liberté, l’égalité, la fraternité, ou bien la fin de l’histoire avec la toute puissance de la finance, de l’élitisme, des corporatismes ?.
C’est le récit engagé des quarante dernières années de luttes sociales que nous livre un acteur de mai 68, inlassablement ancré au cœur de la gauche


Livre :
-  Gérard Filoche
Mai 68 : histoire sans fin. Tome 1, liquider Mai 68 ? Même pas en rêve !
éditeur : J.C Gawsewitch
parution : 15 novembre 2007

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Médias:

40 ans après, le message véhiculé par ceux qui ont vécu Mai 68 se résume à "Nous l’avons vécu, nous en sommes revenus, mais surtout ne faites pas comme nous, cela ne mène à rien !"
Face au désespoir des "renégats" de 68, vos témoignages à vous, souvenirs d’avant et d’après, coups de gueule et coups de coeur sur cette période...à écouter ou télecharger, l'émission "modeste et géniale" de Mermet 
ici

Le 22 mars 2008 - 22h26, par plumette C’est les années qui ont suivi 68 et jusqu’en 1974 au moins que j’ai le plus profité de mai 1968. Il y avait dans ces années là une envie de refaire le monde avec plus de justice et moins d’inégalité. Mais surtout à travers toute l’Europe, les luttes étaient les mêmes et nous nous sentions citoyens du monde. Nous étions de toutes les manifestations et nous avions un avis sur tout. J’ai 55 ans et la plus belle chose qui pourrait arriver en 2008 c’est que les jeunes et les moins jeunes s’unissent pour donner leur avis sur le monde qu’il souhaite voir éclore et qu’ils disent tous ensemble d’une seule voix : nous ne voulons pas de ce monde de profits aveugles qui laminent les peuples...

Le 22 mars 2008 - 14h23, par christian

68 j’avais 3 ans ; mes parents me parlaient des grèves et des augmentations importantes de salaires 35% aujourd’hui ça fait rêver... En ce qui concerne les leaders étudiants de l’époque quand je vois ce qu’ils sont devenus, et leur discours actuel ; je comprends que les ouvriers de l’époque se méfiaient. car en 68 être étudiant cela signifiait être issu d’une certaine classe sociale plutôt élevée. Pour mon père, ouvrier et fils d’immigrés, il n’était pas question de faire des études et les étudiants de 68 étaient des futurs patrons ou directeurs. Cela serait intéressant de savoir ce que sont devenus tous ces leaders qui prônaient l’égalité et le partage.

Merci encore à l’équipe de l’émission.

  Le 21 mars 2008 - 17h57
J’ai 60 ans Ce fut un éblouissement,je travaillais dans les bureaux du Printemps, je n y suis plus jamais retournée au lendemain du 13 mai, ni chez mes parents d’ailleurs Un soir, alors que les choses se bousculaient place st Michel, je me suis mise au calme en remontant jusqu’au Luxembourg et là, éberluée, amusée aussi j ai vu 2 jeunes CRS tapis dans les buissons, planqués, morts de trouille. Ils m’ont bien plu ces gars là. Ils étaient mes frères. Odile

Vos témoignages nous intéresse aussi, à poster dans les commentaires

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L'héritage de Mai 68

"Les interprétations de Mai 68 : un fort enjeu politique quarante ans après". Par Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département d’opinion publique de l’IFOP.

Quarante ans après un certain 22 mars à Nanterre.


Pourquoi l’Humanité n’a pas droit de cité ?

Par Patrick Le Hyaric directeur de L’Humanité



Antoine de Caunes, 54 ans, fils de la présentatrice Jacqueline Joubert et du journaliste Georges de Caunes, est un enfant du rock, de la télé et du cinéma. Je vous conseille de voir la suite sur le lien plus bas.

http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/318014.FR.php

 


Publié dans Société Politique

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christian 24/03/2008 18:14

il est évident que sarko n'aimerait pas un nouveau mai 68.il faut nous souvenir que sarko était à cette époque étudiant et que déjà avec ses camarades (futur militant du MEDEF) il manifestait contre le blocage des facs et universités.mai 68 a démontré qu'il était possible de changer les choses simplement en étant militant, solidaire, et tenace.je le dis sans haine ni rancoeur si sarko continue à appuyer sur la tête du peuple français ce dernier saura se révolter!!

jack palmer 24/03/2008 20:46


Ils ont quand même le droit de se syndiquer au MEDEF, voir à l'UIMM.
Ils n'ont pas attendu la reconnaisssance de la section syndicale dans l'entreprise en 1968, pour se mettre une bonne cagnotte à gauche, comme dirait l'autre.
Si ce n'est une cagnotte contre la gauche, l'enquète le diras ?